Un petit extrait....
Voici une modeste mise en bouche. C'est tiré du prologue de "Semailles de Millénaires", enjoy !
Quelque part dans les Terres Interdites d’Europe,
21e jour de la lunaison gicurasi, an 213 de l’Hégémonie Africaine.
Dans la cabine du zeppelin, l’anxiété monte cran à cran.
L’aérostat louvoie entre les vallons resserrés, manque sans cesse de heurter la cîme d’un arbre ou le flanc d’une colline, donne trop de gîte dans les changements de cap. La tuyère de propulsion du moteur arrière crachote. Le blindage des réservoirs d’hydrogène est éprouvé par l’impact d’une violente explosion. L’enveloppe supérieure a elle aussi essuyé une mitraille de débris, et perd inexorablement ses gaz plus légers que l’air. Peu à peu, la nacelle se rapproche du sol.
Dans le poste de pilotage, on sent le véhicule piquer du nez, lentement, inéluctablement. Le pilote, un grand bantou dégingandé, appuie de tout son poids sur la barre de commande, pour opérer des manœuvres de plus en plus aléatoires. Il laisse échapper de temps à autre un juron bien senti pour donner plus de vigueur à ses poussées.
Tandis que deux hommes se précipitent pour lui prêter main forte, des voix s’élèvent depuis le pont inférieur :
« Capitaine-maire ! Capitaine-maire Katanga ! Que se passe-t-il ?
- Retournez à vos couches », réplique l’intéressé, un Africain grassouillet, aux doigts encombrés de bijoux, aux vêtements artistiquement ajourés. Il porte les stigmates de l’homme habitué à être obéi : sourcils froncés, petite moue de désapprobation constante. Il achève sa courte injonction sur un ton courroucé : « Nous serons bientôt sortis des Terres Maudites, tenez vous tranquilles, et silencieux. »
Quelque part dans les Terres Interdites d’Europe,
21e jour de la lunaison gicurasi, an 213 de l’Hégémonie Africaine.
Dans la cabine du zeppelin, l’anxiété monte cran à cran.
L’aérostat louvoie entre les vallons resserrés, manque sans cesse de heurter la cîme d’un arbre ou le flanc d’une colline, donne trop de gîte dans les changements de cap. La tuyère de propulsion du moteur arrière crachote. Le blindage des réservoirs d’hydrogène est éprouvé par l’impact d’une violente explosion. L’enveloppe supérieure a elle aussi essuyé une mitraille de débris, et perd inexorablement ses gaz plus légers que l’air. Peu à peu, la nacelle se rapproche du sol.
Dans le poste de pilotage, on sent le véhicule piquer du nez, lentement, inéluctablement. Le pilote, un grand bantou dégingandé, appuie de tout son poids sur la barre de commande, pour opérer des manœuvres de plus en plus aléatoires. Il laisse échapper de temps à autre un juron bien senti pour donner plus de vigueur à ses poussées.
Tandis que deux hommes se précipitent pour lui prêter main forte, des voix s’élèvent depuis le pont inférieur :
« Capitaine-maire ! Capitaine-maire Katanga ! Que se passe-t-il ?
- Retournez à vos couches », réplique l’intéressé, un Africain grassouillet, aux doigts encombrés de bijoux, aux vêtements artistiquement ajourés. Il porte les stigmates de l’homme habitué à être obéi : sourcils froncés, petite moue de désapprobation constante. Il achève sa courte injonction sur un ton courroucé : « Nous serons bientôt sortis des Terres Maudites, tenez vous tranquilles, et silencieux. »


